[…] "Ce n'est pas le pseudo qui va faire le comportement déviant", insiste Lucile Merra. "Ces comportements violents préexistent à Internet. (...) Cela relève d’un comportement malsain de certains individus au sein de leur environnement social."
Une étude de juin 2016, publiée par équipe de chercheurs de l'Université de Zurich, tend à montrer que dans le contexte d'une polémique en ligne, l'anonymat ne démultiplie pas systématiquement l'agressivité des internautes. Au contraire, sur les 532197 commentaires analysés, tous postés sur une plateforme de pétitions en ligne allemande entre 2010 et 2013, les internautes écrivant sous leurs véritables identités étaient plus agressifs que ceux recourant à l'anonymat. La même année, une étude de l'université d'Etat du Michigan a également montré que, selon les données compilées dans 16 études scientifiques sur la question, les individus "sont en fait plus sensibles aux normes collectives d'un groupe lorsqu'ils sont moins identifiables par les autres membres de ce groupe".
[…] "Le sentiment d'impunité tient plus à qui vous êtes et d'où vous parlez qu'au fait que vous le fassiez sous pseudonyme. Un homme blanc éduqué pourra par exemple se sentir davantage autorisé à tenir certains propos", avance Stéphanie Wojcik, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris-Est Créteil. Tristan Nitot, auteur du livre Surveillance, les libertés au défi du numérique, abonde en ce sens : "Le discours de haine ou le harcèlement surviennent quand ils sont considérés comme socialement acceptables, voire fédérateurs, au sein d'un groupe qui partage les mêmes opinions." […]
https://eric.freyssi.net/2020/02/21/de-lanonymat-sur-internet/ :
Si on regarde du côté des études scientifiques, je n’en citerais qu’une (Tsikerdekis, 2012) et qui indique que de façon générale, l’utilisation d’un pseudonyme ou la publication anonyme ne rend pas particulièrement plus agressif, mais qu’en revanche sur un sujet qui tient à cœur pour la personne qui s’exprime, l’utilisation d’un pseudonyme peut conduire à une expression plus agressive.
On retrouve cette idée d'engagement (qui fait vivre les réseaux sociaux numériques).