Pour concevoir des architectures de puces (CPU ou GPU par exemple) haut de gamme, il faut donc des sociétés capables de les développer : AMD, Intel et NVIDIA en sont trois bons exemples, toutes américaines.
Mais pour les fabriquer, elles doivent obligatoirement passer par des partenaires, des fonderies (sauf Intel) : TSMC et Samsung sont les deux principales et elles se trouvent en Asie (Taïwan et Corée du Sud).
Mais les fonderies pour fonctionner à leur meilleur niveau ont besoin des machines d’ASML. C’est donc (pour grossir le trait) un billard à trois bandes entre les États-Unis, l’Asie et l’Europe, où chacun a besoin de l’autre pour avancer et rester au meilleur niveau.
On peut évidemment ajouter Arm dans l’équation, bien que la société ne produise pas ses propres puces, mais des « propriétés intellectuelles ». Elle propose des cœurs CPU, GPU et des architectures que des partenaires peuvent utiliser pour concevoir leurs propres puces. C’est le cas de Qualcomm avec ses Snapdragon par exemple.
Arm est une société britannique (donc en dehors de l’Union européenne depuis le Brexit) mais sous contrôle du géant japonais SoftBank. On revient donc en Asie et cela ne permet pas franchement de rebattre les cartes du jeu. NVIDIA avait pour rappel tenté de racheter Arm pour 40 milliards de dollars, mais avait abandonné le projet à cause « d’importants défis réglementaires ».
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Si on parle régulièrement de guerre froide, c’est que les États-Unis et la Chine mettent des restrictions en place ces dernières années. Côté américains, on peut citer le placement de Huawei sur liste noire et les restrictions sur les GPU NVIDIA pour l’IA, tandis que côté chinois, ce sont des restrictions sur l’exportation du gallium et du germanium, l’exclusion d’AMD, d’Intel et de Windows dans les administrations, etc. Et en Europe ? Les Pays-Bas ont mis en place des restrictions à l’exportation des semi-conducteurs.
Depuis maintenant des dizaines d’années, la situation est tendue entre Taïwan et la Chine, qui envoie plus ou moins régulièrement des frégates se rapprocher de l’île qu’elle considère comme une de ses provinces.
Au final, la guéguerre États-Unis d'Amérique contre Chine a eu moins d'impact sur les prix que l'IA, donc ça relativise.