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  • Empreinte carbone des internautes : les modalités d’information… une méthodologie « foireuse » ?

    Calculer l'empreinte carbone de la consommation de données sur un réseau numérique m'a toujours fait tiquer.

    Jusqu'en janvier 2024, sur les accès fixes, ça peut être une estimation "quantité consommée au global / nb abonnés". Au-delà, ça devra être la consommation réelle, ce qui suppose une comptabilité individuelle (accounting RADIUS ou autre) qui avait disparu vu les offres illimitées (les re-facturations prestataires se font au débit)…

    Actuellement, et quasi 2 ans après l'entrée en vigueur du décret, dans mon espace Free Mobile, j'ai que la moyenne Free Mobile et la moyenne nationale, rien d'individualisé. Trololo. Dommage… Vu que j'utilise très rarement mon smartphone je devrais avoir une excellente note (susucre, tout ça)… si la conso élec était proportionnée à l'usage effectif (du réseau). Trololo.

    Indiquer la consommation énergétique par requête a-t-il un sens ? + Comprendre les enjeux de consommation de ressource et d’énergie ... (Quentin Adam et Pierre Beyssac) + L'impact environnemental du volume de données, une arnaque intellectuelle | Signal + La sobriété numérique, oui mais pour quoi faire ? | Signal :

    • La consommation électrique du numérique n'est pas proportionnée à la consommation de données (il y a un lien, pas une proportion). Plusieurs graphiques (FAI finlandais, ETNO, AIE). Le coût fixe de fonctionnement dépasse le coût d'usage effectif. La conso dépend plus de la couverture, du nombre de terminaux, etc. ;

    • Le débit global en heure de pointe est le facteur majoritaire de dimensionnement d'un réseau numérique (achat de routeurs supplémentaires, éclairer des fibres optiques en sus, etc.), ce n'est pas la quantité consommée. L'auteur le dit pas, mais l'hébergement de contenus amène l'achat de stockage, etc. … même si le contenu n'est pas récupéré ;

    • Vision "indicateur simple pour décideur" qui mélange, dans un même chiffre, du traitement CPU pour encoder une vidéo, du stockage pour héberger du contenu, etc. qui n'ont pas le même impact. Les calculs à la requête HTTP sont encore pires : comme si chaque requête se valait techniquement (lourdeur, traitement déclenché pour générer la réponse, etc.). Calcul indépendant du temps alors que l'empreinte carbone de l'énergie varie au cours de la journée (en fonction du mix énergétique). Idem pour la localisation, genre Amazon AWS consomme de l'électricité qui a une empreinte carbone supérieure à celle de la France. Le calcul se fait au global (conso de l'infrastructure, conso des locaux et du personnel, etc.), donc pipeau, et peut se faire influencer par des bonnes actions qui reportent le problème plus loin comme le plantage d'arbre gnagna ;

    • Méthodo : les rapports citent jamais leur source ; les indicateurs bidons ou imprécis remontent la chaîne de sous-traitance, donc ils sont de plus en plus faux ; les marges d'erreur sont jamais communiquées (ton capteur est-il assez précis ? quel est l'écart-type de ta moyenne ? ta méthodo ?) ; extrapolations de toutes parts… ;

      • Le Shift Project (Jancovici) extrait la quantité mondiale d'électricité consommée par les datacenters (tous ne se valent pas, mais soit) d'un unique rapport (est-il fiable ? est-il exaustif ?), la quantité de données échangées sur Internet d'un autre rapport (fiable ? Exhaustif ? Y compris ce qui circule sur les réseaux privés pour répondre à une requête "publique" ?), et hop, en déduit le Wh/Go. Il peut donc chiffrer que la vidéo (60 % du trafic Internet, il paraît, source ?) représente tant de conso élec. Puis il prend l'empreinte carbone moyenne de la production électrique mondiale. Il arrive à la conclusion que Canal+ VoD représente 4 % des émissions CO2 de la France, ce qui est insensé ;

      • RENATER calcule le coût carbone de la production d'une partie de son réseau, puis la quantité de données qui y circule, et en déduit l'empreinte carbone par Go… Extrapolation (tous les réseaux ne sont pas conçus pareil) et confusion entre coût fixe et coût variable (à l'usage).
    • Souvent, ces rapports préjugent de l'inutilité ou de la légitimité de certains usages d'Internet (ex. : le Shift Project mettait l'accent sur la vidéo, notamment le porno…) en dehors de toute discussion vaguement démocratique ;

    • Ne tient pas compte des usages vertueux du numérique (télétravail = moins de transports, VoD versus production + achat + transport de DVD, etc.) ;

    • L'effet rebond de la consommation de données est plafonné : je ne peux pas mater plus de 24 h de vidéo par jour ;

    • Produire ce genre d'indicateur permet à des consultants d'avoir du taff, à des politiciens de faire semblant d'agir, et au libre marché de proposer des forfaits écolos à côté de forfaits plus chers pour consommer plus mais en en assumant le coût écologique (trololo) ;

    • Effacer ses emails : effacer une donnée sur un ordi ne l'efface pas, ça marque comme inutilisée la zone du disque dur pour une prochaine réécriture ; les hébergeurs ne se basent pas sur quelques suppressions par-ci ou par-là pour estimer la capacité de stockage nécessaire et planifier l'achat de matos ;

    • Les usages numériques (opérateurs, hébergeurs, terminaux des particuliers et des pros, etc.) représentent 12 % de la consommation électrique française (en 2015), qui elle-même représente (grâce au nucléaire), 12 % des émissions CO2 de la France (en 2018), soit environ 2 % des émissions CO2 de la France. ;

    • La fabrication des terminaux, leur durabilité (et leur recyclage, trololo), le transport, le chauffage et la consommation de viande ont une empreinte largement supérieure à celle du numérique en France. Sens des priorités, tout ça. Voir aussi eqCO2 ‒ Carnet de notes pour des ordres de grandeur (L'ADEME, auteure de la méthodologie foireuse imposée aux FAI, qui produit par ailleurs l'évidence de l'inutilité de sa méthodo, c'est beau… L'important, c'est de tourner dans la cage à hamster du monde du taff…) ;

    • Je note l'aspect troll des auteurs : éteindre la box la nuit si tu chauffes au gaz c'est naze, car la chaleur dégageait par la box est plus écolo (nucléaire, tout ça)… Une box chauffe une infime portion d'une pièce… ; ils mélangent eux aussi des chiffres provenant de plusieurs rapports et calculés sur des années différentes (ce qui n'enlève rien au propos visant à dénoncer l'absence de chiffres) ; je ne partage pas l'assertion, au doigt mouillé et sans argument, selon laquelle les terres rares ne sont probablement pas rares… Ni le propos techno-béat selon lequel le numérique est une chance pour l'écologie.

    Divers :

    • L'essentiel de la conso électrique des ampoules à incandescence se perdait en dissipation thermique. Les LED chauffent moins et consomment moins car elles sont plus efficaces ;

    • Pourquoi du matos fonctionnel ne redémarre pas : sur-intensité au démarrage, les condensateurs n'apprécient pas, etc. Un haut fourneau ne s'arrête totalement qu'exceptionnellement car son refroidissement provoque des désordres (dilatation, craquements, etc.).
    07/11/2023 12:24:06 - permalink -
    - https://www.nextinpact.com/article/49272/empreinte-carbone-internautes-modalites-dinformation-methodologie-foireuse
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