L’arrêt de la cour d’appel de Paris a été rendu le 2 juillet 2025. Celui-ci marque un tournant : cette fois, le juge a décidé de la réintégration de Farid. Car mettre à la porte un travailleur pour raison de santé – ce que Deliveroo n’a pas réussi à contredire – provoque la nullité, donc l’annulation, du licenciement. Farid devra par conséquent être réintégré, et ce, au statut de salarié. Et Deliveroo devra lui verser tous les salaires qu’il n’a pas touchés depuis sa suspension, en 2020. […]
Cette victoire pourrait en entraîner d’autres. « En janvier, on a eu deux décisions de première instance pour des coursiers qui avaient été virés pour faits de grève, indique Kevin Mention. Là, le juge a considéré que Deliveroo avait vraiment commis un licenciement fondé sur la grève. Il a condamné à des dommages et intérêts pour licenciement nul, et donc on a eu 30 000 et 50 000 euros par coursier, en fonction de leur ancienneté. Malheureusement, le juge n’a pas exigé la réintégration dans l’entreprise. » Ces deux cas sont désormais en procédure d’appel, ce qui donne espoir à leur avocat : « On va pouvoir dire “regardez, c’est exactement la même chose [que pour Farid], on a le licenciement nul, il faut maintenant la réintégration”. »
Selon Kevin Mention, le vent tourne pour la plateforme de livraison de repas. « On atteindra en juillet les 100 décisions contre Deliveroo, juste pour cette année 2025 », se félicite-t-il.
Les dirigeants de la société de livraison de repas avaient été condamnés en 2022, aux côtés de leur employeur, pour avoir employé des livreurs en tant qu'indépendants, plutôt que de les salarier, entre 2015 et 2017.
La Cour d'appel de Paris a confirmé jeudi la condamnation à des amendes de trois anciens dirigeants de Deliveroo pour travail dissimulé, tout en annulant les peines de prison.