Emploi fictif au Canard enchaîné ?
Dans le numéro 16 (juin 2023) de Vie Ouvrière - Ensemble, Christophe Nobili, le lanceur d'alerte, "répond" au Canard qui estime qu'un emploi fictif dans le privé n'est pas comparable à un emploi fictif public (Nobili est l'un des auteurs de l'affaire Fillon) : une carte de presse procure un avantage fiscal, les cotisations patronales (retraite, chomdu, famille) ouvrent des droits, etc.
En tout cas, il y a un schisme entre la direction (des vieux) et la relève : opacité, notamment sur les primes, dont celles de départ en retraite ; difficultés de la direction pour justifier la carte de presse ("Edith V. fait le job d'Escaro" ‒ heu c'est illégal ‒ "ha non elle fait son travail de documentation"… "ha non en fait…") ; la moitié des journalistes se syndiquent quand Nobili monte une section locale du SNJ-CGT (dans Vie Ouvrière - Ensemble, Nobili évoque des agressions, les droits d'auteur bafoués, le gel de certains salaires, etc.). Le Monde avait déjà fait état de ce climat de tension.
Les réactions de la direction publiées par le Canard m'ont paru très paternalistes (grief repris par Nobili dans Vie Ouvrière - Ensemble), très "patron qui sait ce qui est bon pour son équipe". De même, utiliser le journal pour répondre à Nobili sans contradictoire, et donc l'écraser par la force de frappe du journal, c'pas terrible. Inversement, si les faits sont avérés, Nobili aurait trahi sa parole envers des collègues en publiant des infos-confidences.
ÉDIT DU 23/12/2023 :
Canard enchaîné : Olivier Dussopt, un ministre bien ménagé :
Autant de crimes de lèse-Canard qui lui ont valu une procédure de licenciement, refusée donc par deux fois par l’inspection du travail, en raison notamment « [d’]attestations partiales » fournies par la direction et de la forte présomption du « lien [existant] entre la présente demande de licenciement et les mandats du salarié », selon la décision du 2 août 2023.
Pour contourner l’obstacle, l’état-major de l’hebdomadaire avait le choix entre une procédure devant le tribunal administratif ou ce fameux appel à un ami, en l’occurrence un recours hiérarchique, solution privilégiée par le conseil d’administration « au vu des très importants délais de jugement, qui se comptent en années en cas de recours contentieux devant les juridictions administratives », selon un message adressé à la rédaction, que Blast a pu consulter.
« Faire ainsi appel à un ministre pour trancher un conflit interne au journal peut surprendre venant d’un journal précisément satirique, dont la vocation, depuis un siècle, est de se gausser des travers et faux pas des gouvernants », s’est étranglé la section syndicale SNJ CGT du Canard, dans un communiqué du 9 octobre. Ce texte relève que, « en temps normal, ce genre d’exercice acrobatique, à rebours des valeurs et de l’indépendance proclamées, vaudrait un entrefilet saignant dans les colonnes du Canard... Apparemment, le ridicule ne tue pas. »
+1. Je ne partage pas l'avis du reste de l'article sur l'absence du ministre du travail, pas assez d'éléments (tellement d'autres sujets ne sont pas traités par le Canard, y compris la suite d'affaires qu'il a lui-même révélées)
FIN DE L'ÉDIT DU 23/12/2023.