En 2026, il faut toujours éviter les accents et les caractères non-alphanumériques dans le nom des fichiers que l'on va communiquer à autrui, afin d'éviter tout problème lié à l'encodage / au jeu de caractères (charset) utilisé par les uns et les autres.
Si, lors du dépôt de pièces, Télérecours avocats affiche « Le nom du fichier ne respecte pas le format de nommage », ou si Acrobat Reader refuse d'ouvrir une pièce au motif « Accès refusé » (sans plus d'info), mais que la visionneuse PDF de Firefox y procède, alors renommer le fichier sur l'ordi problématique permet de s'en sortir.
Comme toute discipline, l'informatique comporte des principes qui se veulent intangibles, que tu regrettes tôt ou tard d'avoir transgressé. Genre migration isopérimètre, un seul changement à la fois, ou… le nommage austère des fichiers. Petaramesh rappelait ce dernier principe fin octobre 2025 (la causerie a disparu du fédivers).
Quand je conserve des fichiers pour mon compte, je m'autorise les accents, mais aucun caractère qu'il faudrait échapper dans un shell ou un script (espace, apostrophe, etc.). Quand je transfère un fichier, je retire en sus les accents.
Mais là, c'était différent. Notre avocat allait déposer un mémoire. Vu qu'on avait échangé à tout va, dans les deux sens, des pièces à y joindre, retenu ou exclu certaines, nous étions perdus, donc notre avocat me demande de refournir, au propre, toutes les pièces.
Télérecours avocats prend le nom des fichiers pour auto-rédiger le bordereau de pièces. Donc il faut les espaces, les apostrophes, les accents, etc. (Sur Télérecours citoyens, ce n'est pas le cas, il faut téléverser d'abord puis nommer une pièce ensuite.)
Donc je nomme tout bien, je mets dans une archive zip, et j'envoie. Se produit, avec Acrobat Reader, le logiciel de référence dans les juridictions françaises, et avec Télérecours avocats, les erreurs exposées supra. Hé oui, j'utilise un système Debian GNU/Linux, notre avocat un Windows.
Dans ma première réponse à son SOS, j'écris : « La capture d'écran montre que TR bloque sur le nom, pas sur le contenu, si ? Auquel cas, renommer les pièces depuis un ordi windows pourrait suffir. ». Mais, dès mon deuxième message, je m'égare sur la longueur du nom des fichiers puis sur leur format interne.
La longueur, parce que, d'une part, Télérecours renomme nos fichiers défectueux 42DLIB~1.pdf, par ex., ce qui me fait penser au vieux schéma de nommage 8.3 de winwin, et, d'autre part, car seules les deux pièces qui passent ont un nom \< 80 caractères. Mais notre avocat m'assure que des noms plus longs sont acceptés.
Le format interne du fichier, parce que j'ai fait l'erreur de considérer que Télérecours avocats = service public = mal conçu, désuet, et s'adressant à des non-informaticiens, donc de ne pas interpréter le message d'erreur à la lettre. (Certes, quelques améliorations seraient les bienvenues dans Télérecours citoyens, mais il n'y avait pas matière à dénigrement général.) J'ai tout fait : converti le texte en images (convert d'ImageMagick), changer la version de PDF (avec GhostScript), convertir les documents au seul format PDF normalisé PDF/A (idem), etc. Rien n'a fonctionné.
Enfin, si, mes fichiers de test ont fonctionné, mais pas les vraies pièces. Normal, j'utilisais des noms de test (« test.pdf »). Hé oui, coucou l'erreur de plusieurs changements à la fois ne permettant pas de discriminer l'origine du problème ! J'ai enchaîné les entorses aux principes 🤡️.
Après plusieurs heures, notre avocat, à son initiative, a renommé lui-même les fichiers. Même nom, mais rédigés lui-même. Et ça a fonctionné.
Bien sûr, pour ma défense je peux dire que deux des pièces ont toujours fonctionné malgré des accents dans leur nom (probablement car nommées et transmises par notre avocat…), d'où je me suis éloigné bien tôt de cette piste. Je peux aussi dire que Télérecours avocats affiche un avertissement y compris à côté des pièces qui sont passées mais qu'il a légèrement renommé, ce qui n'aide pas quand on ignore ce comportement. Je peux dire que cet avocat avait déjà déposé mes pièces sans souci (mais je les nommais alors « PJ1.pdf », et ça transitait par un espace de stockage web qui a peut-être fait de la magie). Ou encore que j'avais un nombre limité d'essais afin d'épargner le temps de notre avocat (qui est notre argent), et qu'il n'était pas possible d'essayer sans lui (impossible d'avoir un accès nominatif dédié et sans voir l'ensemble de ses dossiers)… Il n'empêche… Comme quoi, les ninjas de l'ordinateur, hein…
Le seul truc que je n'explique pas, c'est pourquoi les mêmes pièces, avec le même nom, fonctionnaient sur un autre Acrobat Reader de même version…